Questions-réponses de Myriam, fondatrice de JUSTE à Eric Ledi, fondateur de Landmade

Contactée par Marion, la fille du fondateur, qui a été attirée par notre philosophie commune, je me connecte à leur site de vente en ligne et je comprends tout de suite tous les points communs que nous avons.

Landmade c’est l’histoire d’Eric Ledi qui décide de créer une plateforme e-commerce et un showroom de mobilier et d’objets du quotidien. L’idée est tout sera de fabrication locale, artisanale, « slow made ». Il s’agit de redonner leurs lettres de noblesse à des objets un peu oubliés, comme le mobilier d’école, la chaise de bistrot ou encore le torchon en lin de nos grands-mères. Replongez-vous dans un passé pas si lointain… Des chaises en métal de toutes les couleurs avec l’assise en bois, des tables assorties avec le casier au-dessous du plateau pour ranger ses cahiers à couvertures plastiques rouges ou vertes, des patères en métal qui font tout de suite penser à des rires d’enfants. Un coup d’œil à ces objets et c’est toute la nostalgie des années d’enfance qui surgit… L’odeur de la craie et de l’éponge, de la colle Cléopâtre, des cahiers tout neufs qui fleurent bon la rentrée des classes ! On a envie de toucher, de respirer, on s’imagine bien dans le fauteuil en châtaignier avec ces jolies pantoufles en feutre aux pieds !

« Objets utiles et familiers », c’est vraiment ça, Landmade. Comme chez nous, Eric Ledi fait fabriquer de la simplicité mais en n’oubliant pas que tout se construit autour de la matière et de l’humain. Et justement, chez Landmade, comme chez JUSTE, « on vous dit tout » : tout sur les matières, la provenance, l’usine ou l’artisan qui a travaillé sur l’objet que vous recevrez chez vous. Fabriqués pour durer, fabriqués à proximité et toujours dans le respect de celui qui a conçu l’objet familier. « L’utile pas le futile » : là encore on est aussi à 100% en accord avec Landmade. Aller à contre-courant de la consommation de masse = « on utilise, on jette », pour le « on achète ce dont on a besoin, on l’utilise avec amour et on en prend soin » c’est notre philosophie ! La consommation, comme la fabrication : « Moins mais mieux », dans la transparence, le respect de l’humain et de l’environnement, toujours en cohérence avec ses valeurs.

Dans ce dialogue avec Eric Ledi je me sens en accord total. Landmade et JUSTE pourraient être des marques jumelles nourries de valeurs communes qui s’épanouissent dans l’économie de demain. Landmade a un petit côté anarchiste quand on se sent plutôt révolutionnaires chez JUSTE. Mais on se retrouve sur la note positive de la fin d’interview !

Bon vent à Landmade 🙂

Quel est ton métier ?

Proposer un art de vivre basé sur « l’utile et le familier », dans l’univers maison.

Nous nous voyons plus comme des « curateurs » que des commerçants. Le curateur collectionne dans un souci de cohérence, met en synergie pour que ça ait de l’allure, et littéralement « prend soin de ». Ici, de nos clients, de nos produits, et ne les oublions pas, de nos fabricants que nous considérons plus comme des « exposants » dans la « galerie » LANDMADE que comme des fournisseurs avec qui l’on « négocie ».

Pourquoi, comment l’as-tu choisi ?

Arrivé à la cinquantaine bien sonnée, l’envie de respirer et de faire à sa façon : avec des produits que l’on aime, des partenaires (comme toi) avec qui le courant passe bien, prendre le temps de bien faire les choses, un vrai luxe en fait. Certes, pas très rationnel (pas d’étude de marché, pas de business-plan, rejet des pratiques du e-business de masse, auto financement), mais cette approche très personnelle aura au moins le mérite de la cohérence.

Pour quel autre métier tu en changerais ?

Pour lancer LANDMADE, Je viens déjà de changer de métier du tout au tout et me réalise pleinement dans ce que je fais. Plus vraiment de rêves inassouvis pour l’instant, mais si pour une raison ou une autre je devais faire autre chose, je pense que je serais assez attiré par un métier de production, de transformation de matières premières, le bois, le textile, la céramique, peu importe.

Quel est ton parcours ?

Ecole de commerce, premier job aux achats dans une grosse boite de VPC du Nord, puis 25 ans dans l’affaire familiale de mobilier en rotin, où nous avons été aux premières loges des mutations économiques du tournant du siècle (délocalisation, concentration de la distribution, etc…), puis envie de passer à autre chose avec LANDMADE.

Décris-nous ta journée type !

Ma journée type est indescriptible….

Je me dis souvent, « mais, au juste, qu’est-ce t’as fait aujourd’hui » ? En fait, de bric et de broc, en passant du coq à l’âne en permanence, on se retrouve le soir vers 19h à se dire : « bien, bien, bien, …ça, c’est mis en stock, ce truc, c’est réglé, là, j’ai répondu, nickel,…  voilà, maintenant, je vais pouvoir passer aux choses sérieuses… »

Mais je pense que tu vois exactement ce que je veux dire…

En quoi crois-tu ?

Je  crois bien entendu en toutes les valeurs que l’on retrouve chez LANDMADE : le consommer utile, local, naturel, et durable, la simplicité, et j’espère que ça se ressent quand on voit nos produits.

Je crois également en l’Europe, au bon sens, et à la rationalité.

Qu’est-ce que tu voudrais voir changer dans le monde ?

Là, on n’est pas sortis de l’auberge… Vaste sujet.

J’ai des idées sur tout, et trouve qu’il y a foultitude de choses à changer ou à améliorer. Mais comme je ne suis pas un idéologue, je préfère les « do tanks » aux « think tanks ». LANDMADE, c’est un peu ma façon de contribuer à ce changement par la base, et je m’applique à poursuivre mon petit bonhomme de chemin…

Quelle est la personne qui t’inspire ?

Je suis du genre ni Dieu, ni Maître, alors les gourous, très peu pour moi.

Pour ne pas te laisser totalement sur ta faim, disons que je suis assez fan de Terence Conran(NDLR :Terence Conran est un designer Britanique  réputé –  voir sa photo ci-dessous) des années Habitat, et de Pierre Rabhi, dont j’aime les idées, mais aussi le personnage, assez fascinant je dois dire.

Qu’est ce qui te donne confiance dans l’avenir ?

Les valeurs que nous défendons ne sont plus portées uniquement par le noyau des pionniers de la première heure (disons, les « bobos » pour faire simple), mais diffusent maintenant assez largement dans toute la population. Nous le voyons bien dans notre fichier client ou par les personnes qui viennent au show-room dans le Nord : des jeunes désargentés, des ruraux, des immigrés, … La prise de conscience traverse toute la société. 

Je trouve ça très encourageant.

  • Pour en savoir sur Landmade, retrouvez  la boutique en ligne ici  :
    www.landmade.fr