Bonus réparation : La loi Anti-gaspillage booste la réparation des équipements électriques et électroniques en France ! Découvrez comment !

Le « fonds réparation » est une mesure phare de la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire. Il offre des réductions immédiates sur la facture des Français qui choisissent de faire réparer leurs équipements électriques et électroniques (EEE) au lieu de les jeter. Son objectif est de résoudre l’un des principaux obstacles à la réparation, qui est son coût élevé. Selon les études de l’Ademe sur les Français et la réparation, les consommateurs renoncent souvent à la réparation lorsque son coût dépasse 30% du prix du neuf.

21 000 réparations en 4 mois

Nathalie Yserd, directrice générale d’Ecosystem, l’un des deux éco-organismes responsables de la gestion du fonds réparation, rapporte que déjà « 21 000 réparations ont bénéficié d’un bonus, pour un montant total d’un demi-million d’euros » en seulement quatre mois. Ce bonus s’applique à une large gamme de produits tels que les machines à laver, les tondeuses, les smartphones, les appareils photo, les aspirateurs, et couvre au total 31 familles de produits.

Des réductions sur le coût de la réparation

Le financement de ce fonds provient des entreprises qui produisent et commercialisent ces appareils. Pour bénéficier du bonus, le consommateur n’a aucune démarche à effectuer, mais il doit satisfaire deux conditions : que l’équipement en panne ne soit plus sous garantie et que le réparateur soit labellisé QualiRepar. Les réductions varient de 10 à 45 euros en fonction du type de produit, avec une moyenne actuelle de 24 euros, selon Nathalie Yserd.

De nombreux électroménagers et produits high tech concernés

Au cours des quatre premiers mois de mise en œuvre du fonds réparation, il est intéressant de noter que les lave-vaisselle, les lave-linge et les smartphones ont été les équipements qui ont le plus bénéficié du bonus, représentant « 60 % des 21 000 réparations » selon Ecosystem. Suivent ensuite les sèche-linge, les aspirateurs, les fours, et les réfrigérateurs.

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Cependant, le classement pourrait évoluer à mesure que le dispositif se développe. Ecosystem a pour objectif de prendre en charge au moins 500 000 réparations d’ici la fin de 2023, ce qui semble réalisable étant donné que chaque année, 10 millions de réparations sont effectuées hors garantie.

Fond réparation

Des réparateurs labellisés : un enjeu crucial

D’ici la fin de l’année, l’objectif est d’avoir 3 000 réparateurs labellisés sous la qualification « QualiRépar ». En effet, le nombre de réparateurs qualifiés est un enjeu crucial pour le succès du fonds réparation. Au départ, seulement 400 sites références étaient disponibles, ce qui était jugé insuffisant par certaines ONG comme Zero Waste. Cependant, depuis lors, le réseau QualiRépar a presque triplé, avec plus de 1 200 sites labellisés aujourd’hui, regroupant environ 4 500 techniciens, dont environ la moitié se déplace au domicile des consommateurs.

3000 sites labellisés d’ici fin 2023

Tous les départements métropolitains sont couverts par au moins un technicien labellisé, selon Ecosystem, et les premiers réparateurs labellisés sont également présents en Martinique et à La Réunion, comme l’a ajouté la directrice générale de l’organisation.

En outre, 1 764 autres sites sont en cours de labellisation. Selon Nathalie Yserd, d’ici la fin de l’année, cela permettra d’atteindre un total de 3 000 sites labellisés regroupant 8 500 techniciens. Cependant, cela reste encore limité en comparaison des 30 000 réparateurs présents en France dans le domaine des Equipements Electriques et Electroniques (EEE).

Fond réparation

Halte à l’obsolescence programmée

Laetitia Vasseur, co-fondatrice de Halte à l’obsolescence programmée (HOP), l’une des associations qui a milité pour la création du fonds de réparation, souligne que l’enjeu majeur est d’éviter que le label ne soit accaparé par les grandes chaînes de réparation. Elle ajoute que bien que leur engagement soit louable, l’intérêt de ce dispositif réside dans sa contribution à la revitalisation de l’économie locale et à la garantie de l’accès à la réparation pour tous. Elle souligne ainsi la nécessité de promouvoir davantage ce bonus afin qu’il soit accessible à un large public.

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Cela implique d’inclure dans le réseau « QualiRépar » les petits réparateurs de villages ou de quartiers. Cependant, Laëtitia Vasseur déplore que la procédure de labellisation soit particulièrement lourde pour ces réparateurs, notamment en termes de temps consacré aux démarches administratives. Ecosystem affirme avoir mis en place une équipe dédiée pour les accompagner dans ce processus, mais ils restent néanmoins sous-représentés.

Un manque de communication sur ces mesures

Laëtitia Vasseur déplore que ni l’État, ni l’Ademe (Agence de la transition écologique), ni les éco-organismes ne fassent de communication sur l’existence du fonds de réparation. On lui a répondu que cela était fait pour éviter un afflux de réparations auxquelles le nombre limité de réparateurs ne pourrait faire face. Pour la co-fondatrice de Hop, c’est un cercle vicieux : « Très peu de Français savent à ce jour que ce fonds de réparation existe, ce qui réduit l’intérêt des réparateurs à se faire labelliser. »


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