Mobilisation générale : Comment lutter contre l’expansion silencieuse des espèces envahissantes

Les espèces envahissantes ou, plus précisément, les espèces exotiques envahissantes, sont au cœur de la problématique du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, comme l’a révélé sans équivoque le récent rapport de l’IPBES. Des milliers d’espèces sont actuellement évaluées ou suivies, dont des espèces envahissantes. Il est essentiel pour nous chercheurs de diffuser cette information auprès du public, des professionnels agricoles, par exemple, ou encore des gestionnaires d’espaces naturels, afin d’informer, de prévenir les mauvaises pratiques et d’anticiper l’arrivée de ces espèces pour une détection précoce.

Impacts des espèces envahissantes sur les écosystèmes

Certaines espèces envahissantes sont très visibles, comme les moustiques-tigres, et font l’objet d’évaluations ou de campagnes d’éradication, comme les ragondins. Cependant, leur importance est capitale : il faut comprendre le rôle des espèces envahissantes dans les écosystèmes où elles peuvent remplacer les espèces indigènes ou causer des dommages indirects en s’intégrant insidieusement dans les biocénoses – ces assemblages d’espèces qui composent les écosystèmes. Mais certaines espèces envahissantes peuvent également passer inaperçues, surtout si elles ne provoquent pas d’impacts évidents ou ne présentent pas un comportement qui les rend détectables. Ainsi, pour de nombreuses espèces discrètes mais envahissantes, comme certains insectes, il s’agit d’une invasion silencieuse.

Les conséquences de l’invasion

  • Perte de biodiversité : Les espèces envahissantes peuvent concurrencer ou prédater les espèces locales, entraînant leur déclin voire leur disparition.
  • Déstabilisation des écosystèmes : En modifiant la chaîne alimentaire et en perturbant les interactions entre les espèces.
  • Impacts économiques : Les espèces envahissantes peuvent causer des dommages importants à l’agriculture, à la pêche ou au tourisme, engendrant des coûts considérables pour leur contrôle et leur éradication.
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Des zones protégées en double danger

Certaines réserves font actuellement face à un double coup dur : un incendie estival ayant brûlé 75% de leur territoire en août 2021 et la fin du service de gestion de ces joyaux nationaux par le conseil départemental du Var. Jusqu’à présent, quatorze personnes compétentes et assermentées, dont des spécialistes de la faune et de la flore, veillaient sur la réserve et ses quelque 200 espèces animales et végétales protégées, notamment l’une des dernières populations de la tortue d’Hermann, emblématique de cette région.

Un nouvel opérateur en difficulté

Un nouveau gestionnaire a été trouvé pour gérer la réserve nationale : d’une équipe de quatorze personnes, on est passé à trois individus qui peinent à recruter un conservateur pour assurer la gestion et le suivi de plus de 5 000 hectares. En conséquence, les espèces animales et végétales envahissantes, qui profitent des perturbations des écosystèmes, trouvent là des conditions doublement favorables pour s’installer. Sans études et suivis, il est difficile d’évaluer l’impact de ces espèces, mais nous savons qu’elles remplacent inexorablement les espèces locales.

Lutte contre les espèces envahissantes : les actions à mettre en place

Face à ce constat alarmant, différentes mesures peuvent être mises en œuvre pour limiter l’expansion des espèces envahissantes :

  • Prévention : Sensibiliser le public et les professionnels aux risques liés aux espèces envahissantes et promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement.
  • Détection précoce : Mettre en place un réseau de surveillance et d’alerte pour identifier rapidement les nouvelles invasions et pouvoir agir en amont.
  • Contrôle et éradication : Mobiliser les acteurs concernés pour coordonner les efforts de lutte contre les espèces envahissantes et assurer leur contrôle ou leur élimination.
  • Restauration des milieux : Encourager la régénération naturelle des écosystèmes perturbés et favoriser le rétablissement des espèces locales.
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En somme, l’avenir de notre biodiversité dépend en grande partie de notre capacité à agir rapidement face aux espèces envahissantes. Il est crucial pour les chercheurs, les gestionnaires d’espaces naturels et le public de collaborer afin de prévenir, détecter et combattre ces menaces sournoises qui pèsent sur nos écosystèmes.


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