Comment les espèces exotiques transforment le monde tel que nous le connaissons.

Le rapport de l’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES) met en lumière le problème croissant des espèces envahissantes, qui menacent à la fois les écosystèmes locaux et les populations humaines. Origine de maladies telles que le Zika, la dengue et le chikungunya, ces espèces exotiques représentent une véritable préoccupation pour les gouvernements et les organisations internationales.

Après quatre années de travail impliquant plus de 80 scientifiques du monde entier, l’IPBES recense ainsi plus de 37 000 espèces exotiques, dont certaines ont déjà causé la disparition de nombreuses espèces indigènes.

Les espèces envahissantes et leur impact sur la biodiversité

  • 1 061 plantes
  • 1 852 invertébrés
  • 461 vertébrés
  • 141 microbes

Toutefois, il est important de souligner que la plupart des espèces exotiques parviennent à s’intégrer dans de nouveaux écosystèmes sans les déstabiliser ou entraver le développement des espèces locales. Les problèmes surviennent lorsque ces espèces se révèlent être envahissantes et nuisent à la diversité biologique locale.

Le rapport de l’IPBES estime ainsi que l’introduction d’espèces envahissantes est responsable, à 60%, de la disparition des espèces indigènes et, dans 16% des cas, en est entièrement responsable. Sur les îles, ce chiffre atteint même 90%.

Conséquences économiques des espèces envahissantes

Outre les conséquences néfastes pour la biodiversité locale, les espèces envahissantes coûtent également cher à l’économie mondiale. La chaîne alimentaire étant interconnectée, la disparition d’une espèce peut entraîner des répercussions sur l’ensemble de l’écosystème, affectant notamment des secteurs tels que la pêche, la chasse, l’agriculture et le tourisme.

Selon le rapport de l’IPBES, les pertes liées aux espèces envahissantes s’élevaient ainsi à 423 milliards de dollars en 2019.

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L’augmentation constante du nombre d’espèces exotiques

Chaque année, plus de 200 nouvelles espèces sont ajoutées à la liste des espèces exotiques, augmentant ainsi les risques d’apparition de nouvelles espèces envahissantes. Les autorités internationales ont donc pris conscience de la nécessité d’adopter des mesures pour limiter leur prolifération.

Perspectives d’action et objectifs à horizon 2030

Dans le cadre de la COP15 pour la biodiversité qui se tiendra à Kunming-Montreal, les États membres ont fixé un objectif ambitieux : réduire de moitié l’introduction et le développement des espèces envahissantes, d’ici 2030. Pour y parvenir, il sera nécessaire de mettre en place des stratégies de prévention, de gestion et d’éradication appropriées.

Agir sur plusieurs fronts pour préserver la biodiversité

Enfin, il est crucial de souligner que la lutte contre les espèces envahissantes n’est qu’un aspect de la préservation de notre biodiversité. D’autres facteurs tels que la destruction des habitats, la fragmentation et la pollution des milieux naturels, ainsi que le changement climatique vont également impacter directement la survie de nombreuses espèces.

Pour protéger efficacement notre patrimoine biologique, il est donc indispensable d’agir conjointement sur ces différents leviers et de coordonner les efforts internationaux afin de prévenir, limiter et, si possible, inverser la tendance actuelle d’appauvrissement de la biodiversité mondiale.


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