Climat : La fonte du permafrost pourrait déclencher une catastrophe climatique sans retour en arrière

Une étude publiée dans la revue Nature Geoscience alerte sur la fonte du pergélisol, qui pourrait libérer d’importantes quantités de gaz à effet de serre, notamment le CO2 et le méthane. Les chercheurs préviennent que cette fonte pourrait contrecarrer les efforts visant à limiter le réchauffement climatique conformément à l’accord de Paris.

Pourquoi la fonte du pergélisol est-elle une grave menace pour le climat ?

L’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), basé en Autriche, a récemment publié une étude qui a pris en compte les émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être libérées par le pergélisol, ou permafrost, dans les modèles du changement climatique. Ce sol gelé en permanence couvre environ 25 % des terres de l’hémisphère Nord, et les quantités de gaz à effet de serre qu’il contient correspondent à environ 15 années d’émissions humaines. Les experts de l’IIASA avertissent que le réchauffement climatique pourrait déclencher le processus de dégel dans les hautes latitudes, entraînant la libération de quantités importantes de méthane (un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2) et de CO2.

L’étude souligne ainsi les faiblesses de l’accord, qui prévoit de maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, voire 1,5 °C. Les auteurs estiment que la fonte du pergélisol pourrait mettre en péril les efforts des États pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et contenir le réchauffement climatique.

Vers une accélération du dégèl du permafrost

La fonte du pergélisol, ces sols gelés en permanence, est une menace grandissante pour la planète. Actuellement, avec une augmentation des températures moyennes de 1 °C par rapport à l’ère préindustrielle, le dégel se produit lentement, mais il s’accélérera avec le réchauffement climatique. Malheureusement, les efforts entrepris pour respecter les objectifs de l’accord de Paris ne sont pas suffisants.

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Selon une étude récente de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA), en prenant en compte les émissions de gaz à effet de serre libérées par le pergélisol, il sera impossible de limiter le réchauffement à 1,5 °C. En fait, même l’objectif de 2 °C semble être hors de portée.

Un risque de dépassement de toutes les limites fixées

Les faiblesses de l’accord de Paris sont multiples. Par exemple, il repose sur l’hypothèse que le taux de CO2 dans l’atmosphère et les températures vont évoluer au même rythme, ce qui n’est pas certain. De plus, les techniques de capture et de stockage de dioxyde de carbone ne sont pas encore suffisamment développées.

Si le pergélisol atteint un point de basculement, il continuera à fondre et à relâcher des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, peu importe la baisse des émissions. Thomas Gasser, chercheur à l’IIASA, avertit que nous devons nous préparer à l’éventualité que nous ne puissions peut-être jamais revenir à des niveaux plus sûrs concernant le réchauffement. Le pergélisol est donc une bombe à retardement pour le climat.

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