Scandale environnemental : Le ministre de l’Agriculture, Marc Fresneau, défie les experts et met en danger la santé publique

Marc Fesneau reste déterminé malgré la controverse. Dans une tribune publiée sur son compte Twitter samedi dernier, le ministre de l’Agriculture réaffirme sa volonté de remettre en cause la procédure d’interdiction de l’herbicide S-métolachlore. Il assume sa décision au nom de la « souveraineté alimentaire ».

Non sens écologique : la bataille d’un ministre pour autoriser un herbicide dangereux

Le ministre exhorte à un débat constructif et à l’adoption d’une nouvelle approche pour faire avancer les choses. Il déplore d’être l’objet de « caricatures » et que la lutte contre le changement climatique et la transition écologique soient présentées comme une simple « bataille rangée », alors qu’il s’agit d’un défi crucial de notre époque.

Le ministre souligne que la Première ministre Elisabeth Borne a déclaré qu’un « plan d’action stratégique » sera mis en place pour anticiper le retrait des substances actives potentiellement problématiques. Ce plan doit concilier les enjeux de la souveraineté alimentaire et de la transition écologique, sans causer de distorsion de concurrence avec les pays voisins de l’Europe.

L’herbicide retrouvé dans les eaux souterraines menace l’eau potable

Des inquiétudes pour la qualité de l’eau potable ont été soulevées. Lors du congrès du principal syndicat agricole, la FNSEA, jeudi dernier, le ministre avait annoncé avoir demandé à l’Agence française de sécurité sanitaire (Anses) de reconsidérer sa décision d’interdire les principaux usages de l’herbicide S-métolachlore. L’Anses, qui est chargée d’évaluer et d’autoriser ou de refuser les pesticides, avait annoncé le 15 février dernier qu’elle engageait une procédure de retrait pour cet herbicide largement utilisé en France sur le maïs, le soja et le tournesol.

Des dérivés chimiques de ce produit ont été détectés dans des eaux souterraines au-delà des limites autorisées, ce qui peut potentiellement affecter la qualité de l’eau potable. « Je ne serai pas le ministre qui abandonnera les décisions stratégiques pour notre souveraineté alimentaire à la seule discrétion d’une agence », a déclaré Marc Fesneau.

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Une substance cancérigène au lieu de travailler à des alternatives

L’ONG Générations Futures a immédiatement dénoncé un « scandale en matière de protection de la santé publique et de l’environnement » suite à l’annonce du ministre. L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a classé cet herbicide comme une « substance cancérigène suspectée » en juin dernier.

Plusieurs élus socialistes et écologistes ont exprimé leur préoccupation quant à l’indépendance de l’Anses. L’eurodéputé (Renaissance) Pascal Canfin, cité dans Le Monde, a souligné que la science était « désormais très claire concernant cet herbicide » et que la priorité devrait être de « travailler sur des alternatives pour les agriculteurs, plutôt que de se battre pour des pratiques du passé ».

Dans sa tribune, Marc Fesneau affirme que l’expertise et le rôle de l’Anses « n’ont jamais été remis en cause » et justifie sa position en citant la nécessité de « synchronisation et de cohérence » avec le calendrier européen, sans toutefois aborder les risques sanitaires associés à cet herbicide. Par ailleurs, dans une lettre adressée à l’Anses qu’il a également rendue publique sur Twitter, le ministre explique qu’une décision d’interdiction de la Commission européenne pourrait ne pas être prise avant novembre 2024, soit « jusqu’à deux ans après la fin de l’utilisation en France », jugeant un tel décalage « difficilement compréhensible ». Le ministre soulève ainsi la question de l’harmonisation des réglementations en Europe.

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