7 raisons écologiques de s’opposer à la réforme des retraites : des réformes humanistes, engageantes et solidaires sont possibles

Une nouvelle fois, ce mardi 28 mars, de nombreux manifestants descendront dans la rue pour exprimer leurs désaccords avec le gouvernement. Les rues seront remplies de couleurs. Écolos, activistes du climat, militants associatifs et politiciens se réuniront pour manifester contre la réforme des retraites. Ils le feront par conviction, car ce combat contre le projet du gouvernement est hautement écologique. Pour vous aider à comprendre les enjeux de cette lutte, nous vous présentons les sept raisons écologiques de s’opposer à cette réforme.

Production, consommation, pollution, destruction

L’âge de départ à la retraite repoussé à 64 ans entraîne le fait que les personnes doivent travailler plus longtemps. Cependant, « plus de travail signifie plus de production, ce qui à son tour entraîne une consommation plus importante d’énergie et l’émission de plus grandes quantités de gaz à effet de serre », a souligné Txetx Etcheverry dès 2019. L’association Bizi a expliqué que « pour maintenir le niveau actuel de chômage, la seule issue possible est de produire plus », ce qui implique l’extraction de plus de ressources naturelles, l’utilisation d’énergies non renouvelables et l’augmentation des déchets et des émissions de gaz à effet de serre. En résumé, une stratégie très mauvaise.

Une nouvelle politique devrait donc être mise en place en tenant compte des enjeux environnementaux. « Nous devons vivre sans croissance », a déclaré François Ruffin. « Produire plus et consommer plus ne fera que nous mener à l’épuisement, à la fois pour la planète et pour les hommes. »

Les métiers du soin et de l’environnement, grands perdants

Les personnes qui s’occupent de nous et de l’environnement seront les grands perdants de la réforme des retraites portée par le gouvernement. Les métiers du soin tels que les infirmières, les aides-soignantes et les auxiliaires de vie seront les plus durement touchés par cette mesure. Philippe Peretti, infirmier à Montpellier, a déclaré en 2020 : « Cette réforme ignore complètement la difficulté de nos métiers de soins. Nous travaillons la nuit, sommes exposés à des maladies, portons des charges lourdes et sommes en contact avec des produits toxiques. Beaucoup d’infirmières et d’aides-soignantes prennent leur retraite avec une invalidité. »

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Bénévolat et retraites solidaires voués à disparaitre

Les retraités sont devenus les fers de lance des luttes écolos. Avant les années 1960-1970, la retraite était un « retrait-retraite », c’est-à-dire une sorte de « mort sociale ». Cependant, grâce à l’augmentation de l’espérance de vie et à l’instauration d’un régime général des retraites, une forme de « retraite solidaire » a émergé. Beaucoup de retraités s’impliquent dans des collectifs écologistes, des associations de solidarité, la vie locale, etc. Selon l’Insee, un quart des personnes âgées de 65 ans ou plus sont membres de plusieurs associations.

Capitalisation : des fonds de pensions polluants

La réforme des retraites pousse les Français à constituer une épargne supplémentaire pour compléter leurs pensions et/ou envisager un départ anticipé. Cependant, cela implique l’utilisation de fonds de pension, d’assurances ou de banques qui ne sont pas connues pour être particulièrement écologiques. En effet, leur seul but est de garantir des retours sur leurs placements le plus élevés possible, quitte à investir dans des activités polluantes.

Une réforme qui ignore la crise climatique

Reculer l’âge de départ à la retraite, au prétexte que l’on vit plus longtemps, constitue une réforme qui ignore les effets de la crise écologique sur notre santé. En effet, la philosophie Barbara Stiegler soulignait que cela « projetait un scénario dans lequel la mort ne ferait que reculer. On serait de plus en plus en forme et en bonne santé de plus en plus longtemps, quelle que soit notre classe sociale », alors que « l’explosion des maladies chroniques », une « des manifestations majeures de la crise écologique », entraîne une dégradation rapide de l’état de santé de nos sociétés occidentales. Les vagues de chaleurs extrêmes, sécheresses, inondations… sont autant d’évènements climatiques qui risquent d’augmenter et qui touchent davantage les personnes âgées.

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C’est pourquoi un collectif d’écologistes a mis en évidence que moins protéger les plus vulnérables n’est pas une stratégie d’adaptation acceptable. Ils ont dénoncé que « fragiliser la santé de ces personnes en leur demandant de puiser plus longtemps dans leurs ressources physiques, jusqu’à 65, voire 67 ans […] c’est s’asseoir sur le principe de solidarité entre générations, socle de la protection sociale ».

Un impératif écologique et humaniste

La retraite, c’est le temps pour reprendre sa vie en main. C’est une nouvelle page qui s’ouvre après des années de travail. C’est le temps de la liberté et de la gratuité, la possibilité de retrouver les liens et de donner, sans être constamment sous la pression de la productivité et de la croissance économique. Comme l’a souligné François Ruffin à la fin de 2019, réduire le temps de travail est la clé de nos luttes sociales depuis plus de deux siècles. Et selon un sondage réalisé dans les années 1980, la plupart des Français pensaient que l’âge légal de départ à la retraite allait bientôt passer à 55 ans ! Pour sortir de cette contrainte, pour nous émanciper du consumérisme et du productivisme, la retraite est plus que jamais un impératif écologique et humaniste.

Des réformes humanistes, engageantes et solidaires sont possibles

Beaucoup d’écologistes affirment que pour pouvoir faire face à la crise écologique, il faut réformer notre système de retraite. Malgré les efforts du gouvernement en ce sens, Txetx Etcheverry estime que les mesures prises ne sont pas suffisantes et qu’il est nécessaire de réduire la production et de partager le travail et les richesses. Une telle réforme aurait d’autres avantages tels que la réduction du temps de travail et la promotion de l’autonomie, de l’autoproduction et de l’engagement citoyen pour des activités bénéfiques pour l’environnement, comme le jardinage, la protection de la biodiversité ou le soutien à des projets collectifs.


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