Quelles sont les mesures que les français sont prêts à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Selon une étude récente, plus de 70 % des Français sont convaincus que chacun a un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Depuis 2019, l’environnement est l’une des principales préoccupations des Français. Il y a donc une prise de conscience de l’urgence à agir qui se reflète dans leurs actes. Les Français sont de plus en plus sensibles à ces questions environnementales et qu’il est nécessaire de modifier nos modes de vie.

Tri sélectif, produits de saison, chauffage et climatisation

Le tri des déchets est un geste qui est devenu une habitude pour la plupart des Français. Selon l’enquête 2020 de l’Ademe, 82% des personnes interrogées déclarent trier leurs déchets. Cette pratique est globalement stable. En outre, les Français sont de plus en plus nombreux à acheter des légumes de saison : 68% déclarent en consommer, soit une hausse de 10 points par rapport à 2016. Ils sont également plus nombreux à réduire leur utilisation du chauffage et à limiter la climatisation à 26°C l’été (61%, +13 points par rapport à 2016).

Près d’un Français sur deux déclare consommer moins en général, et les femmes sont plus nombreuses (52 %) à se dire moins consommatrices de viande que les hommes (40 %). Cette tendance est en nette hausse depuis 2014 (+15 points), selon Anaïs Rocci.

Vrac et achats éco-responsables trop peu développés

Il existe un potentiel énorme pour encourager les pratiques d’achat écoresponsables. Selon une étude, 43 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles pourraient facilement acheter des produits avec un label écologique, mais ne le font pas. 39 % des personnes interrogées ont également déclaré qu’elles pourraient acheter des produits avec moins d’emballages. Cependant, malgré le développement du vrac, il est encore plus facile d’acheter des produits suremballés. Cela indique que les entreprises doivent travailler dur pour développer une offre qui encourage les pratiques d’achat écoresponsables.

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La mobilité bas carbone difficile à mettre en place

Bien que la volonté de modifier ses comportements de déplacement soit présente chez de nombreux Français, il est clair que cela dépend grandement des infrastructures et des services disponibles. En 2020, 36 % des personnes interrogées déclaraient préférer se déplacer à vélo ou à pied plutôt qu’en voiture, alors que 29 % privilégiaient les transports en commun. Cependant, les urbains ont généralement plus de facilité à se passer de la voiture que les ruraux. Le Haut Conseil pour le climat a récemment souligné que le secteur des transports est le plus grand émetteur de CO2 en France. Anaïs Rocci souligne que « les pratiques sont clairement déterminées par l’offre » et que cela révèle les inégalités territoriales qui existent.

Les gestes individuels ont un impact considérable

Selon Anaïs Rocci et César Dugast, les citoyens et les entreprises doivent agir ensemble pour réduire leurs émissions de carbone. « La mobilisation des citoyens est essentielle, mais nous devons également nous assurer que les entreprises prennent des mesures ambitieuses », explique Mme Rocci. M. Dugast ajoute que « des changements individuels tels que devenir végétarien, de privilégier les transports en commun ou de réduire le nombre de vols peuvent avoir un effet considérable sur l’empreinte carbone ».

Il est possible d’effectuer des changements ayant un fort impact en investissant plus d’argent, comme rénover sa maison pour une meilleure isolation, changer son moyen de chauffage ou acheter un véhicule à faible émission de carbone. C’est pourquoi l’Etat offre des subventions aux particuliers sous forme de réductions fiscales, de soutien financier à l’achat et de programmes de bonus-malus.

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Agriculture industrie

Selon César Dugast, réduire les émissions de CO₂ de 11 tonnes par personne à 2 tonnes par personne d’ici 2050 nécessite que l’on se concentre sur les secteurs les plus polluants de l’industrie, de l’agriculture et des transports, qui représentent à eux seuls 69 % des émissions totales de gaz à effet de serre. Bien que l’action individuelle soit indispensable, elle est insuffisante pour atteindre l’objectif fixé par l’Accord de Paris.

L’expert souligne qu’en ce moment, le meilleur moyen de comprendre l’influence que chaque personne a sur le climat est de calculer son empreinte carbone personnelle. Est-ce un nouveau geste pour lequel il faudrait s’habituer ?


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