Fast fashion : un tiers des vêtements occidentaux inutilisables polluent le Kenya

Le mode de vie occidental a provoqué un nouveau désastre environnemental. Un rapport publié jeudi par la fondation Changing Markets, a mis en lumière les « impacts de la pollution » des vêtements usagés envoyés au Kenya.

Un tiers des vêtements inutilisables, jetés ou brûlés

Sur les 900 millions de vêtements expédiés dans le pays en 2021, un tiers contient du plastique et sa qualité est si mauvaise qu’ils sont « immédiatement jetés ou brûlés », ce qui génère des risques pour l’environnement et la santé. Cette situation est en violation avec la Convention de Bâle qui interdit l’exportation de déchets vers des pays ne disposant pas des capacités de retraitement adéquates.

Selon le rapport, 900 millions de dollars US auraient été dépensés en produits en provenance du Royaume-Uni et de l’Union européenne pour le marché kenyan entre 2017 et septembre 2022. 150 millions de ces dollars représentent des dons. L’enquête a été menée en septembre 2022 et s’est appuyée sur des données douanières et d’import-export. Elle est également basée sur le travail de terrain mené par l’organisme à but non lucratif Wildlight et l’association Clean Up Kenya, qui ont mené plus de 80 entretiens avec des marchands kényans et ont été sur des sites-clés.

Selon une enquête nommée « Trashion », les Kényans reçoivent en moyenne 17 articles de vêtements usagés par an. Hélas, 8 d’entre eux sont abimés, souillés ou non adaptés au climat ou à la culture locale, et donc inutilisables. Les images et vidéos jointes au rapport montrent la décharge à ciel ouvert de Dandora, aux portes de Nairobi, où 4.000 tonnes d’ordures sont déversées chaque jour. Selon Changing Markets Foundation, une grande partie de ces déchets sont des textiles d’export.

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Un désastre écologique et social

Les bords du fleuve Nairobi sont jonchés de déchets textiles, et les Kényans qui travaillent dans le commerce de seconde main témoignent des salaires dérisoires et des risques pour leur santé, notamment lorsqu’ils inhalent les fumées des vêtements synthétiques qui brûlent. Selon les estimations de l’ONG, les pays occidentaux utilisent le commerce de seconde main comme moyen d’évacuer le problème des déchets produits par la fast fashion.

L’Institut Hot or Cool affirme que 30 % des vêtements donnés par les pays occidentaux finissent dans des décharges ou des incinérateurs des pays du Sud. Pour améliorer cette situation, cette dernière recommande l’utilisation de matériaux non toxiques et durables et la mise en place de filières à responsabilité élargie des producteurs, qui sont déjà en place en France.


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