Rapport du GIEC : le point de non-retour climatique est à nos portes, agir dès maintenant est plus que jamais indispensable

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publie ce lundi un nouveau rapport de 10.000 pages, synthétisées dans un résumé de 37 pages négocié au mot près et signé par les 195 Etats membres. Ce document est le résultat du sixième cycle d’évaluation entrepris par le Giec depuis 1988, et qui n’est effectué que tous les six ou sept ans. Il s’agit de la plus grande mise à jour des connaissances scientifiques mondiales sur le changement climatique. Une tâche titanesque, que le Giec a rendue aussi concise que possible.

C’est un travail colossal commencé en août 2021 et qui consiste à rassembler les connaissances mondiales sur le changement climatique. La publication de ce rapport permet de réaliser une synthèse des trois chapitres de cette étude et révèle des avancées dans les politiques climatiques depuis 2014, bien que celles-ci restent encore largement insuffisantes. Décryptage des principaux enseignements de ce rapport.

Les activités humaines à l’origine du changement climatique

Le Giec a dévoilé en août 2021, un premier rapport dans le cadre de sa sixième édition. Il se focalisait sur la physique du changement climatique et montrait à quel point la crise climatique s’aggravait à des degrés sans précédents. En février 2022, le groupe II a pris le relais avec un rapport sur « l’adaptation », en se concentrant sur les conséquences déjà ressenties et à venir du changement climatique ainsi que sur les moyens d’y remédier. Enfin, le groupe III a dévoilé la troisième partie du rapport en mars 2022, consacrée à l’atténuation, c’est-à-dire à l’ensemble des solutions nécessaires pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. De cette façon, le Giec met l’accent sur la responsabilité sans équivoque de l’homme.

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Ce lundi, un nouvel ouvrage a vu le jour, rassemblant les divers enseignements des trois premiers chapitres. Dès le départ, une certitude se dresse : « Les activités humaines, notamment par leurs émissions de gaz à effet de serre, ont incontestablement provoqué un réchauffement climatique ». Selon le Giec, plus d’un siècle de combustion d’énergies fossiles et d’utilisation non durable des terres a entraîné une hausse de 1,1°C de la température moyenne par rapport à la période préindustrielle (1850-1900). De plus, le niveau des mers s’est élevé de 20 cm depuis 1901 et la superficie de la banquise arctique ne s’est jamais trouvée aussi réduite depuis 1850.

Près de la moitié de la population mondiale vulnérable actuellement

Selon le rapport, entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes sont d’ores et déjà particulièrement vulnérables. Insécurité alimentaire, pénuries d’eau, mais aussi évènements extrêmes liés au changement climatique sont autant de facteurs entraînant de la mortalité, des maladies et des déplacements de populations.

Le GIEC constate également des centaines de pertes locales d’espèces causées par des épisodes de chaleurs extrêmes et des épisodes de mortalités intenses. Certains de ces impacts ont des conséquences irréversibles, comme le recul des glaciers dans les écosystèmes de montagne et le dégel du pergélisol et ses impacts sur l’Arctique.

Le Giec constate que les progrès sur le plan de l’adaptation aux conséquences du changement climatique sont réels, avec de nombreux pays et villes qui ont intégré cet enjeu à leurs politiques. Toutefois, ces réponses sont imparfaites. Elles sont fragmentées, limitées et inégalement réparties entre les régions. De plus, des ressources et un financement insuffisants, ainsi qu’une méconnaissance de l’urgence de la situation, constituent des freins pour les efforts de lutte contre la crise climatique. Plus préoccupant encore, le Giec observe d’ores et déjà des cas de mauvaises adaptations dans divers secteurs et régions et estime que ce nombre risque d’augmenter dans le futur.

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De nombreuses options à notre disposition

Il existe un grand nombre de possibilités pour faire face à l’urgence climatique. Cela ne concerne pas seulement l’adaptation, mais aussi l’atténuation des gaz à effet de serre, ce qui est nécessaire pour contrer la crise climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, il y a plus de lois et de politiques qu’en 2014, mais cela n’est pas encore suffisant. En effet, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter alors qu’elles devraient être réduites de près de moitié d’ici 2030 si l’on souhaite maintenir un réchauffement climatique à +1,5°C.

Les plans d’action pour limiter leurs émissions mises en place par chaque pays étant déjà déterminés, le Giec affirme qu’il est « probable » que le réchauffement climatique dépasse les +1,5°C durant ce siècle. La hausse des contributions nationales n’aura donc pas suffit pour rester sur cette trajectoire, et le Giec prévoit « qu’il sera dur de rester sous les 2°C ».

Le Giec souligne que les coûts de production de l’énergie solaire et éolienne ont drastiquement diminué entre 2010 et 2019. Dans le même temps, ce rapport de synthèse révèle que de multiples solutions réalistes et efficaces sont disponibles pour réduire les émissions de GES et s’adapter aux impacts inévitables du changement climatique. Parmi ces approches, on trouve l’efficacité énergétique, l’utilisation d’énergies renouvelables, la réduction du gaspillage alimentaire ainsi que la meilleure gestion des forêts, des cultures et des prairies.

Le Giec affirme que s’engager sans attendre est la voie à suivre. Selon lui, ce pas serait synonyme de ralentissement du réchauffement climatique au cours des deux prochaines décennies. De plus, les mesures d’atténuation et d’adaptation mises en œuvre auront de multiples avantages. Ils se traduiront notamment par des opportunités en matière d’emploi, une amélioration de la qualité de l’air, des bienfaits pour la santé humaine, ainsi qu’une sauvegarde des milieux naturels.

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