Pénurie d’eau potable : situation invraisemblable dans de nombreuses communes françaises ravitaillées par camions-citerne à cause de la sécheresse

Les douze communes du Puy-de-Dôme, situées dans le massif central, font face à une sécheresse inhabituelle cet hiver. Face à cette situation, des camions-citernes ont été mis à disposition pour alimenter les foyers d’eau potable.

Ce n’est pas un cas isolé

Jean Savinel, maire d’Arlanc, s’inquiète pour l’été prochain. Afin de garantir le ravitaillement en eau potable, la commune s’est dotée fin février d’un camion-citerne. Le maire d’Arlanc, soulignant la nécessité d’une telle situation, a déclaré que celle-ci était due à la sécheresse exceptionnelle de l’année 2022 et à la structure géologique du socle granitique très faillé.

Selon le ministère de la transition écologique, un nombre considérable de communes françaises, soit environ 700, ont rencontré des difficultés similaires pour le ravitaillement en eau potable et environ 550 ont dû se faire livrer par camions-citerne.

Alors que ce tiendra du 22 au 24 mars prochain à New York une conférence organisée par les Nations Unies pour aborder les problématiques liées à la ressource en eau, Vincent Soucheyre, fontainier des deux syndicats alimentant la zone, explique que cet été sera très difficile en termes d’approvisionnement. Pour pallier à cette situation, il est prévu de livrer de l’eau en bouteilles à domicile. Les exploitants doivent effectuer entre quatre et six allers-retours par semaine entre les communes du département et celles voisines de Haute-Loire.

Restrictions, économies et sobriété

Alors que la préfecture impose des restrictions en matière d’utilisation de l’eau jusqu’au mois de mai, le camion de la commune a livré aujourd’hui seize mètres cubes d’eau au château d’eau de Saint-Just, qui était à court d’eau malgré quelques pluies ces derniers jours. Selon le fontainier, la seule solution à long terme pour pallier à ce manque est de faire de nouveaux captages ou forages et que les gens prennent conscience que l’eau est désormais une denrée rare.

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Les habitants ont déjà pris des mesures pour économiser cette ressource précieuse. C’est le cas de Jean-Marie Bernard, retraité à Arlanc, qui s’est mis à récolter l’eau de pluie, à équiper sa douche extérieure d’un système solaire et à laver sa voiture lorsqu’il pleut.

Alors que la sécheresse s’installe, Mathieu Grivel, éleveur à Arlanc, a pu compter sur ses puits pour subvenir aux besoins en eau de son exploitation. Toutefois, les camions-citernes sont devenus un spectacle familier sur la route à proximité de sa ferme. Selon lui, chaque vache laitière consomme quotidiennement 100 litres d’eau, ce qui représente 4m3 par jour pour ses 40 bovins.

Inquiétude et colère chez les habitants

Cependant, le coût du mètre cube s’élevant entre 7 et 10 euros, le maire d’Arlanc assure que la facture d’eau ne sera pas répercutée sur le consommateur. Une opinion pas partagée par tous : Kelly Legrand, commerçante du coin, précise que « cela finira forcément par nous coûter ». De leur côté, ses clients témoignent de leur inquiétude, de leur résignation ou encore de leur colère face à cette situation qui aurait pu être anticipée.

Nicole Geneix, coiffeuse à Arlanc, abonde dans ce sens : « Si je dois payer l’eau plus de sept euros le mètre cube, il vaut mieux que j’arrête de travailler ». Ou alors, mon shampoing va coûter une somme astronomique ! », déplore-t-elle. Pour elle, recourir aux camions citernes n’est pas une solution pérenne.


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