La crise de l’eau bien plus grave qu’annoncée par les modèles

Les prévisions concernant le changement climatique indiquent que la crise de l’eau pourrait être encore plus grave que prévu dans de nombreuses régions du monde. Récemment, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) a souligné que les niveaux des nappes phréatiques sont toujours à un niveau « préoccupant » dans certaines régions de France. Malgré les pluies de l’automne, le déficit accumulé en 2022 n’a pas été compensé, ce qui a mené à une situation des sous-sols encore plus mauvaise qu’en 2021. Si les précipitations s’avèrent aussi rares en 2023, les conséquences pourraient être catastrophiques.

Effet avéré du changement climatique sur le cycle de l’eau

Les chercheurs de l’Université technique de Vienne ont publié des résultats qui montrent que le changement climatique a un effet significatif sur le cycle de l’eau. Il s’avère que l’impact sur la disponibilité de l’eau dans de nombreuses régions est plus important que ce qui était prévu dans les modèles. La situation en surface n’est pas très encourageante.

Il est maintenant bien connu que les effets du changement climatique sur notre atmosphère sont largement documentés, mais l’impact de ces variations sur les rivières et la disponibilité en eau à l’échelle locale est plus difficile à prévoir. Des stations météorologiques ont été installées un peu partout dans le monde pour étudier les liens entre les précipitations, les températures et la disponibilité en eau. Cependant, il est difficile de tirer des conclusions générales à partir des observations locales, car la façon dont le bilan hydrique est affecté par les facteurs externes varie selon les endroits. La végétation, en particulier, joue un rôle important, ce qui rend le développement d’un modèle physique utilisable pour calculer avec précision ces interrelations partout dans le monde très compliqué.

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Les données réelles plus alarmantes que la prédiction des modèles

Les chercheurs ont analysé des données recueillies à partir de plus de 9 500 bassins-versants hydrologiques à travers le monde. Leur objectif était de déterminer comment la quantité d’eau disponible a évolué au fil du temps, en fonction des conditions extérieures changeantes. Ils ont également voulu comprendre le lien entre les changements climatiques et la disponibilité locale de l’eau. Les séries de données remontaient parfois sur plusieurs décennies. Les résultats sont basés sur des données réelles.

Les chercheurs ont constaté que la relation entre les précipitations et la quantité d’eau dans les rivières est beaucoup plus complexe que ne le laissent entendre les modèles climatiques actuels. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les mesures de ruissellement n’ont pas été prises en compte par ces modèles. Cela suggère que les modèles existants devraient être révisés et améliorés afin de mieux prédire les effets du changement climatique.

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université technique de Vienne, les effets du changement climatique sur l’approvisionnement en eau dans de nombreuses régions du monde pourraient être plus graves qu’anticipé. Afrique, Australie et Amérique du Nord sont particulièrement touchées et pourraient connaître une crise de l’approvisionnement en eau dès 2050. Ces résultats sont plus alarmants que ce qui était estimé précédemment.


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