La cyberdépendance : un trouble psychologique à ne pas négliger

Avec l’augmentation des vidéoconférences, la multiplication des écrans dans les foyers et le temps passé devant ceux-ci, les technologies numériques s’immiscent de plus en plus dans notre quotidien… et dans notre santé mentale. Les écrans sont effectivement une source addictive reconnue par de nombreux professionnels de la santé mentale, en plus de faire partie des addictions comportementales en raison du comportement répétitif et excessif qu’ils provoquent.

Les signes d’une addiction aux écrans

Que ce soit pour vous-même ou pour vos enfants, certains signes sont particulièrement révélateurs d’une addiction aux écrans ou cyberdépendance :

  • Un désir incontrôlable de passer du temps sur les écrans, au point de ne plus pouvoir se contrôler et de vouloir augmenter encore davantage l’exposition.
  • L’isolement social et/ou comportemental : décrochage scolaire, délaissement des activités habituellement appréciées, repli sur soi, augmentation de la sédentarité…
  • Des sentiments de tristesse et d’anxiété en l’absence d’écrans.
  • L’apparition de troubles du sommeil suite à une surexposition tardive.
  • Des troubles alimentaires : prise ou perte de poids due à une activité physique insuffisante, sédentarité et régime déséquilibré.

Enfance et adolescence, périodes critiques face aux écrans

Déterminantes pour le développement psychomoteur et neurologique, les périodes d’enfance et d’adolescence sont d’autant plus en danger face aux écrans. Il n’est effectivement pas recommandé d’exposer de jeunes enfants avant l’âge de 3 ans. À partir de leur entrée au collège, l’obtention d’un smartphone est jugée nécessaire par les jeunes qui aspirent à être acceptés et reconnus par leurs amis et camarades. Mais en raison de leur cerveau immature, la notion d’autorégulation face à l’utilisation des écrans peut se révéler complexe pour eux. Un jeune peut s’isoler pendant un certain temps et adopter un comportement excessif, sans forcément souffrir de dépendance.

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L’addiction aux jeux vidéo : souvent associée à d’autres troubles

C’est la forme d’addiction aux écrans la plus courante, officiellement reconnue comme un trouble par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 2018. La perte de contrôle sur son comportement et sa pratique du jeu, en le priorisant malgré les conséquences qu’il peut avoir sur sa santé, son travail et ses relations. L’addiction aux écrans via les jeux vidéo présente de sérieux risques. D’autres troubles y sont généralement associés : dépression, trouble anxiogène ou phobie sociale. Une surexposition durant l’enfance augmente également les risques de diminution de la créativité, de la mémoire et de la concentration.

À l’adolescence et à l’âge adulte, d’autres conséquences apparaissent :

  • Troubles du sommeil et alimentaires
  • Diminution des capacités d’attention et de concentration
  • Troubles de la mémoire
  • Tendance à l’isolement et au repli
  • Empathie diminuée
  • Augmentation des risques de développer une dépression
  • Apparition de troubles visuels, notamment la myopie

Vers qui se tourner en cas d’addiction aux écrans ?

Il est possible de se tourner vers un Centre de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) : composés d’équipes pluridisciplinaires, ces professionnels sont formés pour prendre en charge les personnes souffrant d’addictions, ainsi que leurs proches. Enfin, en milieu hospitalier, il est possible de prendre rendez-vous dans une unité d’addictologie.

Plusieurs types de thérapies peuvent être proposées pour faire face à l’addiction aux écrans :

  • Les thérapies cognitivo-comportementales : il s’agit de remplacer un comportement inadapté par un autre plus en adéquation avec ce que souhaite le patient. Les séances mettent l’accent sur les causes actuelles du comportement problématique.
  • La thérapie systémique : particulièrement centrée sur la cellule familiale, cette forme de thérapie vise à améliorer les relations tendues au sein d’une famille. Pour atteindre cet objectif, chaque membre s’exprime permettant aux autres de réaliser que ce qu’une personne vit a des répercussions sur l’ensemble du groupe. En évoquant des souvenirs ou en partageant des pensées et des préoccupations lors des discussions avec le thérapeute, l’intégration dans un groupe de soutien facilite les échanges autour d’une problématique commune et peut motiver davantage le changement. En outre, grâce aux interactions et aux dynamiques communes lors de ces rencontres, l’isolement est brisé et la solidarité entre les membres prend place.

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