Victoire historique pour le climat à l’Assemblée Nationale contre l’exploitation des fonds marins et pour les écosystèmes marins
Assemblée nationale fonds marins
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L’Assemblée nationale a approuvé mardi 17 janvier, avec une majorité absolue, une motion demandant à la France de prendre une initiative mondiale et d’instaurer un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins. Les 215 voix en faveur du texte ont été saluées par le secrétaire d’Etat chargé de la mer, Hervé Berville, qui a rappelé que le président Emmanuel Macron s’était engagé à la COP27 pour l’interdiction de l’exploitation des grands fonds marins.

Interdiction de l’exploitation minière en haute mer

L’Assemblée a adopté une résolution soutenant que : « dans le cadre d’un moratoire, l’interdiction de l’exploitation minière des fonds marins en haute mer tant qu’il n’aura pas été démontré par des groupes scientifiques indépendants et de manière certaine que cette activité extractive peut être entreprise sans dégrader les écosystèmes marins et sans perte de la biodiversité marine ».

Camille Etienne, militante pour la justice climatique et sociale, à l’initiative du mouvement « Look down », s’était rendue au sommet mondial des océans à Lisbonne le 27 juin dernier pour défendre ce projet. C’est une « victoire de la société civile ». « Dans le parcours d’activisme, les victoires sont rares et difficiles à atteindre, mais elles existent. A force d’abnégation, de stratégie et de travail. Rien n’aurait pu advenir sans le soulèvement massif de la société civile »

Les députés souhaitent que le gouvernement français empêche la mise en œuvre de toute loi en lien avec l’exploitation minière des mers par l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) et l’octroi de licences temporaires. De plus, ils demandent au gouvernement d’appuyer cette mesure sur la scène internationale et de soutenir une réforme de l’AIFM pour plus de clarté.

La préservation de l’océan indispensable pour sauver le climat

Les profondeurs océaniques, qui peuvent retenir de grandes quantités de dioxyde de carbone, sont sujettes aux convoitises en raison des réserves de métaux rares qui y sont présentes, utilisés dans les industries et l’électronique. Des négociations sont actuellement en cours à l’AIFM pour autoriser un futur accès aux sites. Des défenseurs de l’environnement sont très préoccupés des conséquences sur les écosystèmes et les espèces vulnérables, et le député écologiste Nicolas Thierry a déclaré que « Si on endommage la capacité de l’océan à capter du carbone, on n’a plus aucune chance de gagner la bataille pour le climat ».

Gauche et droite dans le même combat

Des députés issus des partis de gauche et du camp présidentiel ont apporté leur soutien à la résolution, à l’exception du Rassemblement National et de six Républicains qui se sont opposés à son adoption en raison des préjudices potentiels pour la France. Hervé Berville a souligné à l’Assemblée que la France était le premier et le seul pays à aller au-delà d’un simple moratoire ou d’une clause de précaution et a encouragé d’autres nations à se joindre à elle pour lutter contre l’exploitation minière qui « entraînera des dommages irréversibles sur les écosystèmes marins »

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