Émissions de CO2 : la voiture électrique est-elle vraiment plus écologique que la voiture thermique ?

L’Ademe (l’Agence de la transition écologique) a publié un avis début octobre 2022 sur l’impact environnemental des véhicules électriques. Bien qu’ils aient un bilan environnemental nettement plus faible que les véhicules thermiques, ils ont tout de même un impact réel. L’Ademe encourage donc à repenser leurs usages. Alors que les motorisations électriques ne représentent que 2 % du parc total, elles représentent 16 % des ventes. Dans le cadre de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 et de la neutralité carbone en 2050, il est important de bien comprendre l’impact de ces véhicules.

L’impact environnemental de la fabrication

Une voiture électrique ne peut jamais être considérée comme étant à « zéro carbone ». Sa fabrication (y compris la production de ses batteries) entraîne des émissions de gaz à effet de serre, qui sont responsables du réchauffement climatique. Avant même de parcourir le moindre kilomètre, une voiture électrique a donc une « dette » carbone comprise entre 5 et 15 tonnes équivalent CO2, selon le modèle. Cette empreinte carbone est 2 à 3 fois plus importante que celle d’un véhicule à motorisation thermique, selon les estimations de l’Ademe.

La voiture électrice est moins émettrice à l’utilisation que la thermique

L’usage apporte l’avantage de la voiture électrique : elle émet nettement moins de CO2 qu’une voiture à essence. C’est surtout vrai si l’électricité provient d’une source décarbonée, comme c’est généralement le cas en France. Mais si elle est produite à partir de charbon, le gain est moins important. Après 70 000 km parcourus, la voiture électrique atteint un point de bascule en matière d’émissions de CO2, par rapport à une berline compacte.

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L’Ademe conclut que les voitures électriques en France ont un impact carbone 2 à 3 fois plus faible que les véhicules thermiques si on considère leur durée de vie et le kilométrage parcouru (200 000 km). D’autres études indiquent que cet ordre de grandeur est encore plus élevé lorsque l’on tient compte de l’impact carbone de l’extraction et de l’acheminement du carburant. D’un autre côté, les progrès récents dans la fabrication des batteries ont contribué à réduire l’impact carbone des véhicules électriques. L’ONG Transport et Environnement, financée par la Fondation européenne pour le climat, a mené ses propres recherches et a constaté que l’impact carbone des voitures électriques en France est 5 fois plus faible que celui des véhicules thermiques.

Elles diminuent la pollution de l’air

Les véhicules à moteur électrique sont avantageux pour réduire la pollution de l’air, car ils n’émettent aucun polluant d’échappement, ce qui évite notamment de libérer des oxydes d’azote. En ce qui concerne les particules, les véhicules électriques sont moins polluants que les véhicules à moteur thermique, mais émettent toujours des particules provenant de l’abrasion des pneus et de la remise en suspension des particules à terre. Cependant, les véhicules électriques sont généralement plus lourds et ont des pneus de plus grande taille, ce qui peut contribuer à augmenter leur niveau d’émission de particules.

Des batteries encore trop lourdes

L’Ademe souligne qu’il est nécessaire de réduire la taille et le poids des véhicules et des batteries électriques afin de minimiser les nuisances. Toutefois, elle a mis en place une limite de 60 kWh pour la capacité de la batterie, car elle estime que l’intérêt environnemental ne serait pas garanti au-delà de ce seuil, sans pour autant argumenter sa décision. Une telle batterie offrirait une autonomie d’environ 450 km, ce qui serait trop gros pour des trajets domicile-travail, mais pourrait ne pas être suffisant pour les grands rouleurs. Cependant, la tendance actuelle qui voit les voitures prendre en moyenne 10 kg par an depuis 30 ans va à l’encontre de cette approche raisonnable. La présentation de la nouvelle 4L électrique, beaucoup plus grande, plus large et plus lourde que le modèle thermique, est un contre-exemple de sobriété.

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L’Ademe préconise la sobriété.

Pour réduire l’impact écologique, il est nécessaire de passer aux véhicules électriques, mais cela ne suffit pas. Il est également important de limiter les besoins en déplacements et de privilégier des moyens de transport moins polluants que l’automobile individuelle, tels que la marche, le vélo, les transports en commun, le covoiturage, l’autopartage et les véhicules très légers. Le Groupe d’étude et de recherche sur les véhicules intermédiaires (Gervi) souligne que même les voitures électriques ne sont pas durables et ne résolvent pas les problèmes d’occupation d’espace, d’accidentalité et de sédentarité. Il est donc essentiel de s’écarter du modèle automobile classique et d’éviter de reproduire les erreurs précédentes ou même d’en créer de nouvelles. Recharger une batterie en seulement 2 minutes, comme on remplit un réservoir, demanderait une puissance équivalente à celle de 1 500 foyers simultanément.


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