La surconsommation de l’eau au niveau mondial amène une destruction progressive et irréversible du cycle de l’eau avec des conséquences dévastatrices pour l’humanité

Antonio Guterres a dénoncé l’action humaine sur les ressources en eau depuis près d’un demi-siècle à l’ouverture de la « première conférence de l’ONU sur l’eau » . Selon lui, nous avons brisé le cycle de l’eau, détruit les écosystèmes et contaminé les eaux souterraines. Il a condamné notre surconsommation et notre utilisation non durable de l’eau, et le réchauffement de la planète qui entraîne son évaporation. Il s’inquiète de l’avenir compromis de l’eau, qu’il considère comme la sève de l’humanité et un droit humain. Un rapport récemment publié par l’ONU-Eau et l’Unesco prédit une « crise mondiale de l’eau » imminente.

Plus de 40 % de la population mondiale déjà touchée par la crise de l’eau

Il existe des endroits qui manquent d’eau, et d’autres où les inondations sont trop fréquentes, et encore d’autres où l’eau est contaminée. Richard Connor, auteur principal du rapport de l’ONU-Eau et de l’Unesco, a déclaré à l’AFP que le nombre de personnes touchées par cette crise mondiale de l’eau dépend de plusieurs scénarios. « Si rien n’est fait, entre 40 et 50 % de la population continueront à ne pas avoir accès à des services d’assainissement et environ 20-25 % à de l’eau potable », a-t-il précisé. Et à mesure que la population mondiale augmente, le nombre de personnes touchées par la crise de l’eau grandit également.

Avec le changement climatique, la crise liée à l’accès à l’eau potable et l’hygiène s’aggrave. La Conférence de l’ONU, la première de cette ampleur depuis 1977, a suscité beaucoup d’espoirs. L’objectif est que tout le monde ait accès à l’eau potable et à des toilettes d’ici 2030, comme l’ont prévu les engagements pris en 2015. Les participants (Etats, entreprises et représentants de la société civile) étaient invités à venir avec des engagements concrets. Toutefois, certains observateurs sont sceptiques quant à la portée de ces engagements et à la disponibilité des financements nécessaires pour les mettre en œuvre.

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Une aggravation et une généralisation de pénuries d’eau sont en cours

Depuis les 40 dernières années, l’utilisation mondiale de l’eau douce a augmenté d’environ 1 % par an. Selon le rapport de l’ONU-Eau, ce phénomène a entraîné une aggravation des pénuries d’eau et leur généralisation, et ces conséquences seront encore plus importantes avec l’impact du réchauffement climatique, touchant même les régions aujourd’hui épargnées comme l’Asie de l’Est et l’Amérique du Sud.

Environ 10 % de la population mondiale vit dans un pays où le stress hydrique est considéré comme étant élevé ou critique. Selon le rapport des experts climat de l’ONU (Giec), environ la moitié de la population mondiale souffre des conséquences de graves pénuries d’eau pendant au moins une partie de l’année. Ces inégalités sont renforcées par le fait que ceux qui ont les moyens ont toujours accès à l’eau, alors que les plus pauvres sont les plus vulnérables face à ces crises. Les femmes et les filles sont particulièrement touchées, car des millions d’entre elles ne peuvent pas aller à l’école à cause de la nécessité de chercher de l’eau.

Des maladies graves et mortelles en conséquence de cette crise

Le problème de l’eau ne se limite pas à la quantité disponible, mais à la qualité de celle-ci. En effet, en raison de l’absence ou de carences des systèmes d’assainissement, environ deux milliards de personnes boivent de l’eau contaminée par des excréments, ce qui peut avoir des conséquences mortelles telles que le choléra, la dysenterie, la typhoïde ou la polio. De plus, les pollutions par des produits pharmaceutiques, chimiques, pesticides, microplastiques ou nanomatériaux affectent également les écosystèmes d’eau douce.

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L’ONU-Eau estime qu’il faudrait multiplier par trois les niveaux d’investissement actuels afin de garantir l’accès à l’eau potable à tous d’ici à 2030. Mercredi, le roi Willem-Alexander des Pays-Bas et le président du Tadjikistan, co-présidents de la conférence, ont souligné l’importance de l’eau pour nos vies : santé, nourriture, habitats, économie, infrastructures et climat. Ils ont encouragé les parties à dépasser les intérêts partiels pour pouvoir avancer.


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