Les initiatives locales qui prennent de l’ampleur pour éliminer (enfin) les emballages plastiques à usage unique

Tous les ans, 180 000 tonnes de déchets d’emballages sont générées en France à cause de la restauration rapide. Des organisations, des coopératives et des start-ups ont mis en place des réseaux locaux de consignes, principalement pour les produits à emporter, afin de réduire cette quantité. L’association Réseau Consigne, qui coordonne cette initiative depuis 2012, compte à ce jour 200 membres. Le principe en est très simple : le consommateur paie une caution lorsqu’il achète un plat dans une boîte consignée. Une fois le contenant (souvent en verre) utilisé, il peut le rapporter chez le commerçant ou un autre partenaire pour récupérer sa caution, et la structure ou le restaurateur se charge alors du nettoyage. La boîte revient ainsi en circulation.

Faciliter le processus pour les utilisateurs et pour les commerçants

Des initiatives locales visent à moderniser le système de consigne en France, en se référant à la loi AGEC qui vise à éliminer les emballages à usage unique à l’horizon 2040. Des applications telles que Dabba et la Consigne Green Go ont été mises en place afin que les utilisateurs puissent trouver facilement où déposer leurs emballages et payer ou récupérer leur caution. Cela simplifie considérablement le processus pour les commerçants.

Depuis juin 2020, Dabba a réussi à éviter l’utilisation de 43 000 contenants jetables. La Consigne Green Go, créée en 2018, a quant à elle économisé 276 000 emballages à usage unique. La start-up fournit des cafétarias dans des entreprises importantes, et ses récipients sont maintenant accessibles au plus grand nombre, grâce au projet « Paris s’emballe » du 10e arrondissement de Paris. Ce partenariat avec la Ville a permis leur commercialisation.

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Les Français très réceptifs

Selon une étude de l’ADEME, la majorité des Français trouve utile l’utilisation des produits consignés en magasin. Stéphane Robert, co-fondateur de Rebooteille, une coopérative d’intérêt collectif développant la consigne des bouteilles en verre sur Lyon, estime que les législations actuelles, bien que ne rendant pas obligatoire ce système, ont porté le débat public. Avec un total de 80 partenaires fin 2021, l’entreprise espère atteindre 200 d’ici la fin de l’année 2022. Cependant, pour Alice Abbat, de Réseau Consigne, les clients doivent adopter un nouveau comportement et il est nécessaire de leur faciliter le dépôt des contenants, en établissant un réseau étendu de commerces partenaires.

Céline Gorin, co-fondatrice du projet « En boîte le plat » et de l’association ETIC Emballages qui s’oppose aux emballages jetables, souligne l’importance de combattre les préjugés : « Lorsqu’un emballage est marqué « 100% recyclé » ou « 100% recyclable », les gens pensent que c’est formidable ». Une étude de 2009 a démontré que le lavage des produits pour un réemploi peut entraîner une économie de 33% d’eau, 76% d’énergie et 79% de gaz à effet de serre. Le réemploi de ces contenants compense l’impact négatif de la production de l’emballage. Des réseaux de consignes de produits collaborant avec des acteurs locaux sont mis en place pour stocker et laver les consignes.

Les restaurateurs doivent effectuer des tâches supplémentaires, et à parfois un coût financier. Les contenants réutilisables sont plus chers à l’unité (30 centimes contre 10 centimes en moyenne). Cependant, des abonnements comme ceux proposés par « En boîte le plat » (20 euros par mois) peuvent aider les restaurateurs à s’en sortir. Les gérantes du restaurant « Aux Clandestines » à Rennes, qui servent leur cuisine gourmande dans les contenants de l’association Pakadur, sont enthousiastes à l’idée. Elles ont constaté une réduction considérable de leurs emballages jetables et leurs clients sont très réceptifs.

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La livraison aussi importante que la consigne

Les commerçants sont de plus en plus intéressés par les contenants consignés pour la vente à emporter, bien que la livraison de ceux-ci soit encore très marginale. Les grandes plateformes, telles que Uber Eats ou Deliveroo, prennent une commission sur la consigne et n’exonèrent pas la TVA, ce qui augmente les coûts pour le consommateur.

Certaines structures collaborent avec des coopératives de livreurs à vélos plus éthiques, en termes de conditions de travail. En février 2021, le Ministère de la Transition écologique a lancé une charte de la restauration livrée, destinée à encourager les plateformes à expérimenter le réemploi, mais qui n’est pas suffisamment contraignante. En Allemagne, par exemple, à partir de 2023, les restaurants devront proposer une alternative réutilisable pour la vente à emporter.

Réseau Consigne estime que la généralisation de ces pratiques nécessite une action des pouvoirs publics.


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